jeudi 10 août 2017

Book Haul été 2017 Partie 1 - Vidéo

Hello ! Aujourd'hui je vous présente ma dernière vidéo, qui sera un book haul. Je m’excuse encore du manque de vidéos pour cet été, mais j'essaye de me rattraper ! Pour la deuxième partie de cette vidéo, je vous donne rendez-vous dans quinze jours.

Laure.

mardi 1 août 2017

Le voyageur bleu #1 de Olivia Lapilus

Titre : Le Voyageur Bleu #1, Prophétie

Autrice : Olivia Lapilus

Editions : Anyway Editions, Collection Futuriste

Prix : 15.90€

Genres : Fantasy, Aventure,

Synopsis : Que feriez-vous si une prophétie menaçait votre règne ?
Anos, roi tyran de la planète Catiopé, est prêt à tout pour sauvegarder son trône. Il ne peut laisser quiconque détruire tout ce qu’il a mis si longtemps à bâtir et encore moins freiner sa quête du Voyageur bleu. Rien ne peut se mettre entre lui et sa soif de pouvoir. Rien à part le destin…

Mon avis :

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas plongée dans un livre de fantasy, j'ai donc pensé au Voyageur bleu pour renouer avec ce genre, sachant que le deuxième tome vient de sortir et que mon amie Olivia, l'autrice de ce roman, m'avait offert son livre lors du salon du livre de Paris. Évidemment, mon jugement n'en ai pas altérée, et j'écris ce que je pense dans cet article.

Ici nous suivons différents points de vues, des divers personnages présents dans ce volume. Ils évoluent à Catiopée, planète aux airs moyenâgeux gouvernée par un roi autoritaire et violent. Au fil des pages, se tisse une intrigue aux inspirations des tragédies antiques, entre différents personnages perdus dans les contrées catiopéennes.

Tout au long du roman, l'autrice installe un univers vaste et original, sans nous perdre dans un florilège de vocabulaire complexe à retenir. De plus, elle a imaginée un autre système pour quantifier le temps, qui au début m'a un peu perturbée, mais qui finalement s'adapte bien à l'histoire et rentre dans l'esprit. La magie, pas si présente que ça finalement, reste crédible et intéressante.

On suit beaucoup de personnages, tous liées bien sûr. Parmi eux, Anos, le roi tyran, paranoïaque et oppressant, qu'on hait dès le début, comme ses deux acolytes, aussi diaboliques que lui. Il y a aussi Eschylle, la cheffe de la garde noire, l'armée du roi composée des personnes avec un don, mystérieuse et atypique. Puis les « gentils », à qui il arrive tout un tas de malheurs successifs. Que ce soit Malias, Yoris ou Noty, on ne peut pas faire autrement que de les trouver attachants par tout ce qu'il leur arrive, et qui est parfaitement injustifiée. Mais ceux que j'ai préférée sont évidemment Nery et Xenès, deux personnages forts et malmenés par la vie.

La chose qui m'a dérangée dans ma lecture, et qui m'a empêchée de me plonger complètement dans le récit sont les faiblesses du style d'écriture. De nombreuses coquilles au fil du roman, et puis des passages qui auraient dû être retravaillés. Ce n'est pas omniprésent durant le récit, mais ça m'a coupé dans ma lecture, et ça ne donne pas vraiment envie d'aller au bout, alors que l'histoire est fantastique à tous les niveaux ! Je pense vraiment que sans cela ce livre serait digne d'un coup de cœur. Mais il me semble que le roman est ressorti il y a quelques semaines sans ces coquilles diverses, donc vous n'aurez pas ce problème.

L'intrigue est assez originale, tout tourne autour de ce roi fou et paranoïaque, et de sa quête insensée de la pierre bleu, qui donnerait à celui qui la détient le pouvoir de passer d'un monde à l'autre. Complètement obsédé par cette pierre, il fait encore plus de dégâts dans la vie de son peuple. Ce sont tous ces dommages collatéraux dont nous sommes les témoins durant ce roman et je dois avouer que ce fut parfois assez émouvant. Au fil du récit, les retournements de situations m'ont surpris et m'ont poussés à continuer dans ma lecture tant je voulais savoir comment ces personnages vont se sortir de ces situation.


J'ai hâte de me procurer le second volume de cette série qui s'annonce prometteuse pour la suite, et que je vous recommande énormément !  

Ma note :
7.5/10
Mes extraits :


"- Qu'est-ce qui se passe? demanda-t-elle, impatiente d'en finir.
Il frotta sa main sur sa nuque comme embarrassé.
- Écoutez, je pense qu'on a commencé sur de mauvaises bases. Je ne voudrais pas que vous ayez de moi une mauvaise impression.
- C'est déjà le cas, ne put-elle se retenir de dire.
Xénès grimaça."

"À son âge, elle ne saisissait pas tous les aspects de la vie. Elle n’avait pas la notion du temps. Pour elle, sa mère pouvait bien partir deux journées comme deux lunes. Elle ne se rendrait vraiment compte de son absence que lorsque journée après journée elle se réveillerait sans sa mère à ses côtés. Alors, elle comprendrait."

mardi 25 juillet 2017

Aliette Renoir #2 de Cecillia Correia

Titre : Aliette Renoir #2, Dans l'ombre du roi

Autrice : Cecillia Correia

Editions : J'ai lu

Prix : 6.90€

Genres : Historique, Fantastique, Bit-lit

Synopsis : Vous savez quoi ? C’est la véritable zizanie en ce moment à Paname ! Des renégats sèment la pagaille, les Allemands nous préparent un coup fourré, un vampire âgé de plusieurs siècles disparaît comme par enchantement, Lawrence me fait des cachotteries et, pour couronner le tout, Sytry, le prince des chenapans, change d’avis comme de chemise ! Et qui doit jongler avec tout ça ? Moi, bien sûr ! Quelque chose me dit que je vais filer un mauvais coton… « Alea jacta est ! », comme dirait un certain César. Eh oui, le sort en est jeté…

Mon avis :


On retrouve Aliette, Lawrence et Sitry quelque temps après les événements du premier tome, toujours à Paris pendant l'Occupation allemande. Les trois vampires sont de nouveau au cœur des intrigues politiques et sentimentales de la cour satanique.

Ce roman dégage vraiment l'ambiance des années 40, avec toutes les expressions qu'utilise sans cesse Aliette. Ou encore les références culturelles de l'époque qui se multiplient au cours du récit, dans lesquelles on voit bien tout le travail d'historienne fourni par Cecillia Correia.
Ce qui est aussi intéressant, c'est que ce même contexte historique n’empiète pas sur les intrigues principales. Il est présent, mais ce n'est pas le centre de l'histoire, ce qui me convient plutôt puisque une charge historique comme ça aurait sûrement alourdit le récit.

Dans ce volume se développe un pseudo triangle amoureux, qu'on voit venir depuis le tome 1, mais qui devient assez intéressant ici. J'y reviendrai plus tard, mais c'est en parti grâce à Aliette. Premièrement, il ne prend pas la place de l'enquête principale, l'équilibre est bien respecté entre ses deux pans d'histoire. Ensuite, je pense que dans le tome 3, il va prendre plus d'importance, du moins c'est ce que laisse entrevoir les dernières pages. J'ai hâte de voir comment l'autrice va gérer ça, puisque les triangles amoureux peuvent vite devenir lourds et rébarbatifs.

En parlant d'intrigues amoureuses, parlons un peu de ces protagonistes : à savoir Sitry, Lawrence et surtout Aliette. J'ai un vrai coup de cœur pour cette héroïne. Elle est très attachante, tout en étant têtue et un peu téméraire. Elle incarne une réelle héroïne sans clichés : c'est une fille intelligente qui fait passer l'avenir des autres avant les problèmes de son petit cœur. Et puis en même temps elle est très maladroite, et a provoqué plusieurs conversations/situations (notamment avec Sitry) très drôles par ces lapsus et autres. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce roman vous donne le smile en vous faisant rire !

Ensuite, nous avons les personnages masculins. Si dans le premier volume Lawrence était très présent, il s’efface quelque peu au profit de Sitry, qu'on découvre sous un jour plus complet ici. En soi, si Lawrence avait une once d'originalité en tant que personnage masculin principal, Sitry est un cliché complet. Le vampire puissant, très vieux, qui voudrait œuvrer pour le bien mais qui ne peut pas vraiment au vu de sa condition, qui a eu un passé difficile etc. Le genre bad boy mais gentil quand même. (Des comme ça, dans la bit-lit, on peut en citer quelques uns…) Mais en même temps, quand je lis ce types de romans, ce n'est pas ce que j'attends de ce genre de personnage. Ça ne m’empêche pas de l'adorer, et de rire comme une idiote à chacune des piques qu'ils se lancent, avec Aliette. (Disons que je tilte plus facilement aux longues descriptions des beautés parfaites).
Lawrence, qui comme je vous le dis plus haut est un peu absent, reste tout aussi attachant. Dans ce tome, il est plus tourné vers lui-même. Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, mais je trouve qu'il prend plus en profondeur dans ce second volume.

L'enquête présente dans ce tome était plutôt complexe, et mêlait pleins de personnage et d'histoires différents, si bien que je n'ai absolument pas vu venir le dénouement. En le lisant j'ai dû beugué quelques instants avant de tout assimiler pour pleinement le comprendre. Pour tout ce qui passe après cette réponse, je dois dire que les 30-40 dernières pages sont passées à une vitesse affolante ! La fin est vraiment surprenante, pleine de rebondissements et laisse présager de nombreux changements pour la suite.

Aliette Renoir 2 était sans nul doute un roman très addictif, qui se lit rapidement – ou plutôt se dévore ! . J'ai été emporté par cette histoire et eu bien du mal à le lâcher, si bien que je l'ai terminé tard dans la nuit ! Il y a vraiment un rythme intense et génial, qui nous empêche de le reposer.

J'ai réellement hâte de voir la suite sortir, et de pouvoir enfin la lire. Voir évoluer ces personnages, comment se sortiront-ils de la mauvaise passe dans laquelle ils sont, et puis voir se dessiner les liens avec la série de Sophie Jomain, Felicity Atcock, dans laquelle on croise Aliette dès le tome 2.

En conclusion, je vous recommande à mille pourcent cette série !

Ma note :
9/10
Mes extraits :


"— Il te manque plus qu'un nœud pap ou une cravate et ce sera parfait.
— Justement, sais-tu faire un nœud de cravate ?
Il me montra une belle bande en soie blanche et esquissa un sourire timide. Je levai un sourcil.
— Pourquoi ? Tu veux que je t'étrangle avec, c'est ça ?"

"Si j'avais eu des marmots, je ne les lui aurais certainement pas laissés à garder. On aurait dit la nourrice d'Hitler en personne ! Brrr !"

dimanche 23 juillet 2017

Sombreterre #3 de Cassandra O'Donnell

Titre : Sombreterre #3, Les Âmes perdues

Autrice : Cassandra O'Donnell

Illustrateur : Jérémy Fleuri

Editions : Flammarion

Prix : 10€

Genres : Jeunesse, Fantastique, Amitié

Synopsis : Ailleurs, un monde secret existe...
Pour garantir la paix entre les mondes, Alina, Victor et Lucas s’enfoncent dans les entrailles de Mortua, la planète des monstres-esprits. De retour à la surface, ils sont attaqués par une horde de morts-vivants aux visages familiers.
D'où peuvent-ils bien venir? Quelle magie se cache derrière cette soif de violence? Le combat final s’engage, contre un ennemi plus inattendu que jamais.

Mon avis :

Je tiens à remercier Cassandra O'Donnell et Flammarion Jeunesse pour cet envoi. Sachez néanmoins que mon avis reste sincère.

Dans ce troisième volume nous retrouvons Victor, Alina et Lucas, les protagonistes. Ils sont partis en mission sur les terres des monstres-esprits afin de réparer le voile. Seulement, lors de leur voyage, ils vont découvrir de sombres choses et devoir faire face à d'autre problèmes.

Ce tome-ci était encore plus rythmé et plus riche que les autres ! L'univers du monde de Sombreterre est vaste, et nous en explorons une nouvelle partie ici, en découvrant les terres des monstres-esprits, et en suivant pendant un moment le point de vue de l'un d'entre eux. Nous découvrons aussi leur fonctionnement, aussi bien hiérarchique que religieux. Cela donne plus de relief à ce monde et à cette histoire.

Alina est une jeune fille très maligne et lucide. Sa pensée évolue énormément durant ce volume, jusqu'à s'affranchir. Lucas, mêlé à toute cette aventure un peu contre son gré, reste un personnage sarcastique et donc amusant à suivre. Ils forment un duo très mignon, accompagnés par Victor, un garçon très courageux !

L'intrigue de ce tome se finit plus violemment que les autres, et il me tarde de lire la suite. Maintenant que l'univers est pleinement posé, les prochains tomes vont pouvoir se concentrer uniquement sur cette intrigue passionnante, et lui mettre un point final.


Je suis toujours aussi fan des dessins de Jérémy Fleuri, l'illustrateur qui accompagne Cassandra O'Donnell dans toutes ses publications jeunesse. Je suis par ailleurs en adoration devant les couvertures de la série !  

Si vous recherchez une série très chouette pour les 10-12 ans, je vous la recommande !

Ma note :
7/10
Mes extraits :

"— Où sont-ils donc tous passés ? On n’entend plus aucun bruit, observa Victor en tournant la tête à droite et à gauche.
— Taisez-vous ! La nuit est trop claire pour vous dissimuler. Si vous faites du bruit et que vous attirez les morts qui marchent ici, ils n’auront aucun mal à vous voir, grommela Enigal en se demandant ce qu’il venait faire dans cette galère.
Même s’il les trouvait distrayants, le zombreur se moquait dans le fond de ce qui pouvait arriver aux trois enfants, mais il ne voulait pas qu’ils se fassent tuer avant d’avoir pu parler à l’assemblée. La situation était trop grave.
— Qu’est-ce que c’est ? chuchota soudain Alina en entendant un cri étouffé à quelques mètres d’eux.
Elle se dirigea aussitôt vers ce côté et aperçut un jeune farceur au pied d’un buisson, roulé en boule.
— Qu’est-ce que tu fais là ? Tu as besoin d’aide ? demanda-t-elle en s’accroupissant près de lui."


samedi 8 juillet 2017

A Little Something Different de Sandy Hall

Titre : A Little Something Different

Autrice : Sandy Hall

Editions : Swoon Reads

Prix : env. 10€

Genres : Contemporain, Romance,

Synopsis : Tout le monde sait que le courant passe entre Lea, une timide maladive, et Gabe, un garçon mystérieux. Quatorze personnes racontent l'histoire, comme le chauffeur du bus, la serveuse du restaurant où Gabe et Lea mangent, même un écureuil dans le parc.





Mon avis :

Ce roman est une romance tout ce qu'il y a de plus banal à ceci près que parmi les 14 points de vue qui composent le récit, nous n'avons pas accès à celui des protagonistes.

Léa et Gabe sont tous les deux en première année à l'université, et participent au cours d'écriture créative. Au fil de l'année et des rencontres fortuites, une attirance se créer visiblement entre eux. Enfin surtout pour leurs amis, puisque nos protagonistes semblent être les seuls à ne pas s'en rendre compte. Ce qui créer de nombreuses situations comiques, voir gênantes, tout au cours du roman.

J'ai beaucoup aimé la gestion des points de vues amenée par Sandy Hall. 14 points de vues, c'est beaucoup et ça peut rapidement devenir lourd si les vies des personnages dont ont a les points de vues empiètent sur l'intrigue principale. Heureusement, ce n'est pas le cas ici, car l'autrice arrive à gérer cela tout en rendant ses personnages secondaires attachants. J'ai par exemple beaucoup apprécié la prof d'écriture créative, Inja qui m'a fait rire en provoquant les rencontres entre ses deux étudiants, et en suivant l'évolution de leur relation comme une série télévisée. C'est un peu le même genre de remarques qu'on retrouvait dans les pensées des serveuses Starbucks, qui attendaient leurs prochaines visites comme des nouveaux épisodes de leur série préférée.
Sinon, nous avons aussi des points de vue plus… originaux. Comme celui d'un banc, ou d'un écureuil. (J'imagine tellement le fun qu'a eu l'autrice a écrire ça ^^ ) Ce sont des passages très agréables à lire, et aussi assez drôles (surtout cette histoire de banc.).

Quand à nos deux protagonistes, je dois dire que si j'ai bien aimé Léa, qui pour une fois ne représentait pas le cliché de la fille naïve et prête à tout pour attirer l'attention du personnage masculin, j'ai eu par contre un peu plus de mal avec Gabe, qui passe tout le roman à se cacher. Le fait qu'il soit d'une timidité maladive n'est pas un problème en soit, mais c'est plus le pourquoi de cette perpétuelle gêne qui, une fois révélée, me semble un peu démesurée et peu réaliste.

Pour être claire, les deux personnages passent tout le roman, soit un an, à se tourner autour sans qu'aucun d'eux n'ose faire le premier pas. En soit, c'est un pitch plutôt mignon, et qui prête à sourire mais qui au bout de 200 pages commence à être un peu long. J'ai souvent eu envie de les secouer pour qu'ils se réveillent (chose que malheureusement, les lecteurs ne peuvent pas faire) et fassent quelque chose pour faire évoluer la situation. Puisqu'en vérité, ce sont surtout les gens autour d'eux qui font avancer les choses.

Le niveau d'anglais n'est pas très élevé. Le vocabulaire est plutôt simple et courant, donc si vous cherchez à vous lancer dans une première lecture n'hésitez pas !
Sachez tout de même qu'il est sorti en français il y a quelques mois.


Si vous cherchez une romance sympa mais originale dans la forme, n'hésitez pas à lire A Little Something Different de Sandy Hall !

Ma note :


8/10

Mes extraits :

"Squirrel!
I hope they're laughing.
I hope they like acorns. Maybe I'll throw some acorns at them. No, that's a bad idea. I don't want to lose my acorns. I don't want to share. Call me aa bad squirrel, but I do not like to share my acorns.
Maybe that makes me a good squirrel. The consummate squirrel. The very definiton of squirrel."

mercredi 5 juillet 2017

Pal de l'été - Vidéo

Hello ! En ce début du mois de juillet je vous publie une petite pal de lectures que j'espère effectués cet été. Comme je vous le dis rapidement dans la vidéo, je suis vraiment désolée que le blog tourne au ralenti en ce moment, mais je ne peux pas vous dire que ça va s'arranger. Je vous expliquerais tout ça à la rentrée, mais en attendant je vous souhaite un bel été !


Laure.

vendredi 9 juin 2017

La vie devant soi de Emile Ajar

Titre : La vie devant soi

Auteur : Emile Ajar (Romain Gary)


Editions : Folio


Prix : 6.50€


Genres : Historique, Contemporain, Amitiés 


Synopsis : Madame Rosa, une vieille juive qui a connu Auschwitz et qui, autrefois, se défendait (selon le terme utilisé par Momo pour signifier prostitution) rue Blondel à Paris, a ouvert « une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers », autrement dit une pension clandestine où les dames qui se défendent laissent leurs rejetons pendant quelques mois pour les protéger (de l'Assistance publique ou des représailles des proxénètes). Momo, jeune musulman d'une dizaine d’années, raconte sa vie chez madame Rosa et son amour pour la seule « mère » qui lui reste, cette ancienne prostituée, devenue grosse et laide et qu'il aime de tout son cœur. Le jeune homme accompagnera la vieille femme jusqu'à la fin de sa vie.


Mon avis :


Je ne me serais jamais tourné de moi-même vers ce roman, qui est complètement hors de mon genre habituel, donc je remercie le prof de l'être pour cette recommandation. La Vie devant Soi a reçu le prix Goncourt en 75, détail qui aurait dans d'autres circonstances réussit à me faire fuir. Quand un livre est édicté « Prix littéraire », on s'attend à quelque chose de dense et complexe à lire, et même si ce n'est pas tout à fait faux ici, dans le sens où la plume de Romain Gary (ou Emile Ajar) est surprenante mais garde une certaine accessibilité.

Momo est garçon d'une dizaine d'années, recueilli dès sa plus tendre enfance par une vielle femme du nom de Mme Rosa, dont l'appartement du sixième étage fait office de pension pour les enfants dont les mères, bien souvent prostituées, ne peuvent s'occuper. C'est donc par la voix de ce petit garçon que nous découvrons la vie de Mme Rosa et des gens qui entourent Momo.

Ce roman possède une atmosphère immersive et particulière. On est véritablement plongé dans le Paris des années 70, dans ce quartier, dans la vie de ce petit garçon, qui est difficile et en même temps belle à découvrir.

Le style, lui aussi est très surprenant. On se détache complètement des codes littéraires pour retranscrire au plus proche les pensées d'un petit garçon, ses pensées ponctuées de fautes d'orthographe et établies avec une sorte d'oralité descriptive. Le point de vue de Momo est très intéressant à suivre, d'autant plus qu'il est empli d'une certaine naïveté, tout en sachant qu'avec la vie qu'il a, en résulte une certaine maturité contrastant très largement.

Ce qui m'a marquée dans ce roman, en plus des points déjà cités, ce sont ces personnages tellement charismatiques et forts qu'ils vous restent en tête. En soi, une vieille dame juive et un petit garçon musulman n'ont pas grand-chose en commun (et pas beaucoup plus pour attirer mon attention), mais ils ont cette relation quasi fusionnelle dans le sens où chacun n'a que l'autre dans la vie, alors autant s'entraider. Aucun d'eux n'a été épargné par la vie : Mme Rosa a été déportée à Auschwitz, subit de plein fouet la vieillesse ; Momo a été abandonné par ses parents, a dû grandir dans un environnement tout sauf sain et tout apprendre par lui-même. De chacun d'entre eux se dégage une force particulière.

Au final, c'est un roman que je vous conseille parce qu'il m'a beaucoup émue mais qui je pense ne plaira pas à tout le monde par son genre et son style très particulier.



Ma note :


10/10

Mes extraits :


« Moi ce qui m'a toujours paru bizarre, c'est que les larmes ont été prévues au programme. Ça veut dire qu'on a été prévu pour pleurer. Il fallait y penser. Il y a pas un constructeur qui se respecte qui aurait fait ça. »

« Moi, l'héroïne, je crache dessus. Les mômes qui se piquent deviennent tous habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manque.[...] Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c'est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre. »


« Je devais avoir trois ans quand j'ai vu Madame Rosa pour la première fois. Avant, on n'a pas de mémoire et on vit dans l'ignorance. J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque. »