vendredi 7 avril 2017

1984 de George Orwell

Titre : 1984

Auteur : George Orwell

Editions : Folio

Prix : 4.60€

Genres : Science-fiction, Dystopie, Totalitarisme, Classique, Anticipation

Synopsis : De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartir comme un flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le feu aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

Mon avis :

1984 n'est pas le genre de roman que je lis habituellement, mais un de ceux qu'il faut avoir lu. (Et puis en ce moment je suis dans ma période totalitarisme et guerre idéologique ^^ ) C'est un livre complexe et dérangeant, qui mêle avec brio analyse politique et humaine.

On suit le point de vue de Winston, membre du parti extérieur et habitant du Londres de 1984. Dans son univers, le Parti, dominé par Big Brother, régit l'Océania. Le monde est découpé en trois super-pays : l'Océania, l'Eurasia et l'Estanasia, qui sont continuellement en conflit. Les habitants sont divisés en trois catégorie : les membres du parti intérieur, inaccessibles et possédant certains passe-droits ; les membres du parti extérieur, travaillant pour le parti dans les différents services des quatres ministères et les prolétaires, qui comme leurs noms l'indiquent sont des ouvriers au bas de la chaîne alimentaire qui se battent pour survivre à leur vie de misère.
Le parti régit absolument tout : chaque citoyen est surveillé en permanence par les télé-écrans. Leurs moindres gestes et actes sont contrôlés et analysés, et chaque signe d'opposition ou même de doute sur les messages du parti est fermement puni. Le parti a des valeurs et des manières d'agir absolument atroces : il stimule la haine, instrumentalise l'amour et exclut la culture qui n'est pas sous ses ordres (ça nous rappellerait presque les Nazis ^^ ). De plus, il modèle le passé à sa gloire, sans cesse, et surtout sans que cela ne choque personne, ce qui illustre bien le niveau d'endoctrinement de cette population.
Ce qui est troublant et terrible, c'est que George Orwell prend son inspiration dans l'histoire (notamment allemande et russe), pour imaginer ce futur qui est maintenant notre passé mais qui aurait pu (et qui, dans un certain sens a été) être notre futur. (Si vous avez compris ce que je voulais dire, dîtes-le ^^ ).

L'univers totalitaire décrit ici est assez complexe, et Orwell nous plonge dedans sans nous perdre en nous révélant avec minutie tous ces détails et ressorts. Cet univers si spécial apporte une ambiance très particulière elle aussi. Il y a une sensation oppressante dû à cette surveillance perpétuelle (on peut faire des liens avec des œuvres modernes : Snowden, I.R.L….) Un sentiment profondément malsaine, qui s'intensifie au fil des pages.
Toute cette ambiance est mise en valeur par un style d'écriture assez différent de mon genre habituel, mais qui colle parfaitement à l'histoire.

Ce roman a un rythme presque aussi particulier que son univers puisque le récit s'appuie essentiellement sur les monologues de Winston, indispensables pour notre compréhension mais qui alourdissent parfois le roman. Au niveau du centre du récit, il y a beaucoup de passages qui sont de pures analyses passionnantes et réellement intéressantes, qui permettent de prendre l'ampleur du livre et d'apporter une certaine lumière sur divers sujets comme le pouvoir de la notion de guerre sur les populations, la dynamique des systèmes totalitaire etc. Je dois bien avouer que ces passages apportent une certaine longueur qui finalement n'est pas si dérangeante, mais coupe un peu le récit. (Je m'explique d'une façon absolument pas claire, j'en suis désolée). Je pense aussi que par rapport à mon style de littérature habituel, ce n'est vraiment pas la même chose et que ce genre de choses me choquent plus facilement.

C'est un roman qui parle de guerre, mais surtout du concept de guerre, de l'évolution de celle-ci et de son pouvoir mais c'est aussi une thèse sur la société, ses classes, ses inégalités et les différentes solutions qui ont été proposé au cours de l'histoire. George Orwell propose ici une belle analyse de cette société si étrange et horrible qu'il a crée, mais qui se rapproche par plusieurs points de la notre.

En conclusion, un classique de la science-fiction que je suis très heureuse d'avoir lu et que je vous recommande si vous ne vous êtes pas encore plongé dedans !

And be careful, Big Brother is watching you.

Ma note :
9/10
Mes extraits :

"Vous ne possédez rien, en dehors des quelques centimètres cubes de votre crâne."

"La liberté, c'est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit."
Ce truc m'a perturbé pendant un moment ^^ 

"- C’est une belle chose, la destruction des mots. Naturellement, c’est dans les verbes et les adjectifs qu’il y a le plus de déchets, mais il y a des centaines de noms dont on peut aussi se débarrasser. Pas seulement les synonymes, il y a aussi les antonymes. Après tout, quelle raison d’exister y a-t-il pour un mot qui n’est que le contraire d’un autre ? Les mots portent en eux-mêmes leur contraire. Prenez « bon », par exemple. Si vous avez un mot comme « bon » quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme « mauvais » ? « Inbon » fera tout aussi bien, mieux même, parce qu’il est l’opposé exact de bon, ce que n’est pas l’autre mot. Et si l’on désire un mot plus fort que « bon », quel sens y a-t-il à avoir toute une chaîne de mots vagues et inutiles comme « excellent », « splendide » et tout le reste ? « Plusbon » englobe le sens de tous ces mots, et, si l’on veut un mot encore plus fort, il y a « doubleplusbon ». Naturellement, nous employons déjà ces formes, mais dans la version définitive du novlangue, il n’y aura plus rien d’autre. En résumé, la notion complète du bon et du mauvais sera couverte par six mots seulement, en réalité un seul mot. Voyez-vous, Winston, l’originalité de cela ? Naturellement, ajouta-t-il après coup, l’idée vient de Big Brother."

2 commentaires:

  1. J'adore ton post, tu t'exprimes vraiment d'une belle façon, tes mots me parlent (sans jeu de mot.. j'espère que tu as compris xD)
    Signé Laure :p

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    1. Oh merci ! (Je suis pas sûre d'avoir tout compris mais on va dire que oui ^^)
      Laquelle ? (J'ai bien une idée mais je ne voudrais pas me tromper :) )
      Laure.

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